05- Jean-Yves, Curé
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Jean-Yves est curé d'une importante paroisse
à Paris. Il est non seulement un grand "spirirituel"
mais la charge et l'animation de sa paroisse
l'apparentent souvent à un véritable "chef
d'entreprise". Voyage au coeur d'une communauté
religieuse pas banale !
Jean-Yves est curé d'une importante paroisse
à Paris. Il est non seulement un grand "spirirituel"
mais la charge et l'animation de sa paroisse
l'apparentent souvent à un véritable "chef
d'entreprise". Voyage au coeur d'une communauté
religieuse pas banale !
Mathieu : Merci mon Père de me recevoir. Avant toute chose, pouve- vous me présenter votre "communauté" ?
Jean-Yves : Notre paroisse est bien sûr ouverte à tous. Mais dans la pratique, nous recensons environ 800 paroissiens "réguliers" . Certains ne viennent qu'à l'occasion d'un baptême, d'un mariage, d'autres se contentent de la messe du dimanche. D'autres enfin, environ une centaine, participent activement aux activités de la paroisse. En ce sens, nous pouvons dire que notre communauté accueille de nombreuses petites ou "micro-communautés".
M : Quelles sont ces communautés ?
JY : Cela va du groupe de préparation au baptême, aux groupes de prières en passant par les groupes de solidarité pour aider chômeurs, malades, personnes dans la peine etc. Au total, plus de 15 groupes de 10 à 20 personnes se réunissent régulièrement, certains toutes les semaines, d'autres tous les mois. C'est incroyable la richesse et la dynamique qui viennent de ces groupes et qui rayonnent sur toute la paroisse et le quartier. On peut dire que l'Esprit est à l'oeuvre ...et nous en avons bien besoin car nous ne sommes que 2 et notre emploi du temps est plus que chargé !
M: Comment avez-vous découvert Internet, un curé "branché", ce n'est pas courant !
JL :Vous savez, tous les chemins mènent à Rome ! En fait, l'ordinateur est rentré depuis longtemps dans les paroisses. Traitement de textes, gestion de fichier, comptabilité...nous nous devons aussi d'être efficace. Mon frère qui partait vivre aux Etats-Unis m'a offert un modem et un abonnement à un fournisseur d'accès Internet afin que je puisse garder le contact, sans dépenser des fortunes en téléphone. Et c'est de là que tout est parti !
M : "Tout est parti ! vous semblez dire que cela a changé votre vie ?"
JY : Vous exagérez, ce qui a changé ma vie c'est ma rencontre avec Dieu - à 18 ans - et qui a fait que j'ai décidé de lui consacrer toute ma vie. Mais vous n'avez pas tort, cela a changé profondément ma vie et ma façon de procéder.
M : Comment cela s'est-il passé ?
JY : D'abord, j'ai découvert l'E-mail, pour correspondre avec mon frère aux USA. Puis j'ai été me promener sur des sites religieux qui m'intéressent. Cela m'a parfois permis de préparer mon homélie. Je suis même parti au Vatican - enfin sur leur site...Je dois dire que je n’y ai rien trouvé de passionnant ! Un jour, cependant, je suis tombé sur une demande de prière d'un petit garçon canadien de 12 ans, atteint d'une grave maladie et qui de son lit, demande à ce que l'on prie pour lui. Pour moi, cela a été le déclic : Non les technologies n'étaient pas diaboliques, oui, l'Esprit soufflait aussi au coeur d’Internet !
M : Comment votre enthousiasme a-t-il gagné la paroisse ?
JY : Un certain nombre de mes paroissiens, plus particulièrement actifs dans les groupes, utilisent fréquemment la micro. C'est bien pratique car ils font des comptes rendus de réunions magnifiques. Ils me les envoient par E-mail, ainsi qu'à ceux qui sont connectés. Et c'est de là que nous avons eu l'idée de créer la première micro-communauté.
M : Comment cela s'est-il passé ?
JY : C'est un groupe qui s'occupe de "Solidarité Logement" qui en a été à l'origine. Composé de 5 personnes, ce groupe a pour vocation d'aider les personnes en difficulté financière à retrouver un logement. Ils se réunissent une fois par mois. L'ordre du jour est généralement très chargé : "Comment trouver de nouveaux logements ? comment les financer ? telle famille est à la rue, telle autre n'arrive pas à retrouver d'hébergement etc." Trois des cinq personnes du groupe étant branchées sur Internet, soit au bureau, soit chez eux, l'idée est venue de coordonner leurs travaux par ce moyen. Les deux autres ont dû s'y mettre et utilisent l'ordinateur que nous avons au secrétariat.
M : Comment s'en sont-ils servi ?
JY : Comme je vous le disais, ils ont pu mettre les comptes rendus après chaque réunion, puis préparer l'ordre du jour de la suivante. Très rapidement, ils ont mis en place des fichiers de donateurs et un fichier de demande d'hébergement. Cela s'est immédiatement révélé indispensable pour coordonner les affectations possibles gérées par les 5 personnes.
M : Leur exemple a-t-il été suivi ?
JY : Le principal obstacle, c'est que chacun dispose d'un ordinateur. Certains ont dû réquisitionner l'ordinateur de leurs enfants ou de leur conjoint pour pouvoir, à leur tour, s'en servir pour coordonner leur propre groupe. Croyez-moi ou non, mais nous expérimentons actuellement un groupe de prière. La prière n'est-elle pas par essence, encore plus universelle qu'Internet, c'est-à-dire, que l'on peut rentrer "en contact" en s'affranchissant du lieu et du temps, mais surtout, on peut prier partout, à tout moment et il n'est besoin d'aucun matériel ! Mais de même que nous prions souvent à plusieurs, il peut aussi être utile de prier à plusieurs en "asynchrone". Nous avons ainsi créé un "forum de prière" pour la paroisse. Nous y déposons nos intentions ou celles qui nous sont confiées par ceux que nous rencontrons, nous partageons joies, peines, actions de grâce, nous avons même commencé à faire des partages d'Evangile, ...tout cela exactement comme quand nous sommes tous réunis.
M : "Qu'est-ce que cela vous apporte de plus ?"
JY : " Cela ne remplace pas nos groupes de prière hebdomadaires mais cela les prolonge, les amplifie. Mais le plus remarquable, c'est que nous avons la possibilité d'y associer des personnes qui normalement n'auraient pas pu se joindre à notre groupe. Paul par exemple, handicapé à 100% qui de son lit et durant ses longues journées de solitude, rejoint notre prière. Roselyne également, 70 ans, habitée par Dieu et par Internet - ce qui n'est pas incompatible ! - préfère ne pas sortir le soir. Pour elle, comme pour Paul et pour chacun de nous, c'est une grande richesse que de vivre ainsi en communauté de prière permanente que chacun de nous peut rejoindre à tout moment. C'est très original me direz-vous, c'est vrai, mais c'est une expérience spirituelle que vous n'imaginez pas : intense, vraie, respectueuse, profonde. Nous espérons bien que notre groupe va s'étendre. Nous envisageons aussi d'organiser des prières élargies avec d'autres communautés.
M : "Quelles sont les autres applications que vous expérimentez ?"
JY : " Le comité de rédaction du bulletin paroissial est maintenant élaboré en commun avec l'assistante paroissiale. Je lui transmets le vendredi l'éditorial qui reprend généralement les grandes lignes de mon homélie. Elle reprend également toutes les annonces sur la vie de la communauté paroissiale. Et comme tout est déjà "numérisé", il ne reste plus qu'à mettre en page et à dupliquer dans la journée du samedi pour que le bulletin soit distribué aux messes du Dimanche. On fait un véritable "hebdo" et il faut que notre audience augmente !
M : "Vous prêchez pour votre paroisse... mais existe-t-il des micro-communautés en dehors de votre église ? "
JY : "Comme je vous l'ai dit, nous envisageons d'élargir nos groupes de prières, dès que nous aurons identifié d'autres groupes. On pourrait également envisager des échanges entre groupes d'autres paroisses, d'autres mouvements chrétiens. J'ai lu dans " La Croix ", une initiative très intéressante qui a été menée sur Minitel depuis 2 ans (3615 SEIM) pour favoriser les partages d'idées, d'adresses et de savoir-faire pour organiser des événements. Une base de données a été créée à laquelle participent de nombreux mouvements d'Eglise. Le principe est simple : chaque mouvement dispose d'un code lui permettant d'accéder à tous les renseignements fournis par les autres associations. Deux rubriques sont proposées : "créer l'événement, bâtir une formation". D'autres rubriques vont s'ouvrir : gestion et financements (subventions, produits à vendre, centrale d'achats...) locaux et secrétariat ou entraide concernant les publications des mouvements. Autant de projets qui, au-delà du service rendu, veulent contribuer au décloisonnement des mouvements chrétiens tout en respectant l'identité de chacun. Ce type d'initiative ne peut que se développer avec l'essor d’Internet.
M : "Vous parlez de formation, pensez-vous que vous puissiez utiliser ce type d'outils pour votre propre formation ?"
PB: "Tout à fait, l'année dernière à Hautecombe, lors d'une retraite à laquelle je participais sur le "discernement", nous avons reçu un enseignement tout à fait remarquable d'un frère jésuite. Plusieurs d'entre nous étant "branchés Internet", nous avons échangé nos E-mail à la fin de la retraite et nous avons décidé de créer un forum de discussions pour prolonger nos réflexions. Entendant cela, le jésuite avait paru très intéressé ! Quelle ne fut pas notre surprise de trouver quelques semaines plus tard un message dans nos boîtes. Depuis, il participe à notre forum et continue ainsi son enseignement.
M : "Selon vous qu'est-ce qui fait que ce type de "micro-communauté" marche ?
JY : "Dans tous les groupes auxquels nous participons, nous avons des règles très strictes. Un ordre du jour précis, un horaire de début et de fin, un animateur, un secrétaire chargé du compte rendu, l'écoute et le respect de l'avis de chacun... Il en est de même dans nos groupes électroniques : nous sommes tous clairement identifiés, l'ordre du jour et les échanges sont structurés. Nous désignons un animateur et même si l'écoute ne pose pas de problème, le respect des autres, de leur avis, de leur personne est absolument indispensable.
M : En conclusion, quel est votre rêve ?
JY : Parlons plutôt d'espérance ! Mon espérance est celle d'un monde plus juste, plus humain ou - avec l'aide de Dieu - la paix, le partage et le respect sont au quotidien. Ces technologies peuvent engendrer le pire et le meilleur. Il est indispensable de ne pas laisser le champ libre aux forces du mal qui trouveront certainement des moyens d'agir par leur biais. Il faut que les hommes et les femmes de bonne volonté s'en emparent à leur tour pour en faire un outil de partage, d'échange et de paix. Souvenez vous, lors de la guerre en ex-Yougoslavie, des Serbes et des Croates ont retrouvé la capacité de se parler et d'échanger grâce à Internet alors que sur le terrain ils n'entendaient que le langage des armes. C'est la preuve que l'on peut échapper à la manipulation de dirigeants assoiffés de pouvoir et se retrouver entre humains sur le chemin de la paix.
M : Merci mon Père.
Mathieu : Merci mon Père de me recevoir. Avant toute chose, pouve- vous me présenter votre "communauté" ?
Jean-Yves : Notre paroisse est bien sûr ouverte à tous. Mais dans la pratique, nous recensons environ 800 paroissiens "réguliers" . Certains ne viennent qu'à l'occasion d'un baptême, d'un mariage, d'autres se contentent de la messe du dimanche. D'autres enfin, environ une centaine, participent activement aux activités de la paroisse. En ce sens, nous pouvons dire que notre communauté accueille de nombreuses petites ou "micro-communautés".
M : Quelles sont ces communautés ?
JY : Cela va du groupe de préparation au baptême, aux groupes de prières en passant par les groupes de solidarité pour aider chômeurs, malades, personnes dans la peine etc. Au total, plus de 15 groupes de 10 à 20 personnes se réunissent régulièrement, certains toutes les semaines, d'autres tous les mois. C'est incroyable la richesse et la dynamique qui viennent de ces groupes et qui rayonnent sur toute la paroisse et le quartier. On peut dire que l'Esprit est à l'oeuvre ...et nous en avons bien besoin car nous ne sommes que 2 et notre emploi du temps est plus que chargé !
M: Comment avez-vous découvert Internet, un curé "branché", ce n'est pas courant !
JL :Vous savez, tous les chemins mènent à Rome ! En fait, l'ordinateur est rentré depuis longtemps dans les paroisses. Traitement de textes, gestion de fichier, comptabilité...nous nous devons aussi d'être efficace. Mon frère qui partait vivre aux Etats-Unis m'a offert un modem et un abonnement à un fournisseur d'accès Internet afin que je puisse garder le contact, sans dépenser des fortunes en téléphone. Et c'est de là que tout est parti !
M : "Tout est parti ! vous semblez dire que cela a changé votre vie ?"
JY : Vous exagérez, ce qui a changé ma vie c'est ma rencontre avec Dieu - à 18 ans - et qui a fait que j'ai décidé de lui consacrer toute ma vie. Mais vous n'avez pas tort, cela a changé profondément ma vie et ma façon de procéder.
M : Comment cela s'est-il passé ?
JY : D'abord, j'ai découvert l'E-mail, pour correspondre avec mon frère aux USA. Puis j'ai été me promener sur des sites religieux qui m'intéressent. Cela m'a parfois permis de préparer mon homélie. Je suis même parti au Vatican - enfin sur leur site...Je dois dire que je n’y ai rien trouvé de passionnant ! Un jour, cependant, je suis tombé sur une demande de prière d'un petit garçon canadien de 12 ans, atteint d'une grave maladie et qui de son lit, demande à ce que l'on prie pour lui. Pour moi, cela a été le déclic : Non les technologies n'étaient pas diaboliques, oui, l'Esprit soufflait aussi au coeur d’Internet !
M : Comment votre enthousiasme a-t-il gagné la paroisse ?
JY : Un certain nombre de mes paroissiens, plus particulièrement actifs dans les groupes, utilisent fréquemment la micro. C'est bien pratique car ils font des comptes rendus de réunions magnifiques. Ils me les envoient par E-mail, ainsi qu'à ceux qui sont connectés. Et c'est de là que nous avons eu l'idée de créer la première micro-communauté.
M : Comment cela s'est-il passé ?
JY : C'est un groupe qui s'occupe de "Solidarité Logement" qui en a été à l'origine. Composé de 5 personnes, ce groupe a pour vocation d'aider les personnes en difficulté financière à retrouver un logement. Ils se réunissent une fois par mois. L'ordre du jour est généralement très chargé : "Comment trouver de nouveaux logements ? comment les financer ? telle famille est à la rue, telle autre n'arrive pas à retrouver d'hébergement etc." Trois des cinq personnes du groupe étant branchées sur Internet, soit au bureau, soit chez eux, l'idée est venue de coordonner leurs travaux par ce moyen. Les deux autres ont dû s'y mettre et utilisent l'ordinateur que nous avons au secrétariat.
M : Comment s'en sont-ils servi ?
JY : Comme je vous le disais, ils ont pu mettre les comptes rendus après chaque réunion, puis préparer l'ordre du jour de la suivante. Très rapidement, ils ont mis en place des fichiers de donateurs et un fichier de demande d'hébergement. Cela s'est immédiatement révélé indispensable pour coordonner les affectations possibles gérées par les 5 personnes.
M : Leur exemple a-t-il été suivi ?
JY : Le principal obstacle, c'est que chacun dispose d'un ordinateur. Certains ont dû réquisitionner l'ordinateur de leurs enfants ou de leur conjoint pour pouvoir, à leur tour, s'en servir pour coordonner leur propre groupe. Croyez-moi ou non, mais nous expérimentons actuellement un groupe de prière. La prière n'est-elle pas par essence, encore plus universelle qu'Internet, c'est-à-dire, que l'on peut rentrer "en contact" en s'affranchissant du lieu et du temps, mais surtout, on peut prier partout, à tout moment et il n'est besoin d'aucun matériel ! Mais de même que nous prions souvent à plusieurs, il peut aussi être utile de prier à plusieurs en "asynchrone". Nous avons ainsi créé un "forum de prière" pour la paroisse. Nous y déposons nos intentions ou celles qui nous sont confiées par ceux que nous rencontrons, nous partageons joies, peines, actions de grâce, nous avons même commencé à faire des partages d'Evangile, ...tout cela exactement comme quand nous sommes tous réunis.
M : "Qu'est-ce que cela vous apporte de plus ?"
JY : " Cela ne remplace pas nos groupes de prière hebdomadaires mais cela les prolonge, les amplifie. Mais le plus remarquable, c'est que nous avons la possibilité d'y associer des personnes qui normalement n'auraient pas pu se joindre à notre groupe. Paul par exemple, handicapé à 100% qui de son lit et durant ses longues journées de solitude, rejoint notre prière. Roselyne également, 70 ans, habitée par Dieu et par Internet - ce qui n'est pas incompatible ! - préfère ne pas sortir le soir. Pour elle, comme pour Paul et pour chacun de nous, c'est une grande richesse que de vivre ainsi en communauté de prière permanente que chacun de nous peut rejoindre à tout moment. C'est très original me direz-vous, c'est vrai, mais c'est une expérience spirituelle que vous n'imaginez pas : intense, vraie, respectueuse, profonde. Nous espérons bien que notre groupe va s'étendre. Nous envisageons aussi d'organiser des prières élargies avec d'autres communautés.
M : "Quelles sont les autres applications que vous expérimentez ?"
JY : " Le comité de rédaction du bulletin paroissial est maintenant élaboré en commun avec l'assistante paroissiale. Je lui transmets le vendredi l'éditorial qui reprend généralement les grandes lignes de mon homélie. Elle reprend également toutes les annonces sur la vie de la communauté paroissiale. Et comme tout est déjà "numérisé", il ne reste plus qu'à mettre en page et à dupliquer dans la journée du samedi pour que le bulletin soit distribué aux messes du Dimanche. On fait un véritable "hebdo" et il faut que notre audience augmente !
M : "Vous prêchez pour votre paroisse... mais existe-t-il des micro-communautés en dehors de votre église ? "
JY : "Comme je vous l'ai dit, nous envisageons d'élargir nos groupes de prières, dès que nous aurons identifié d'autres groupes. On pourrait également envisager des échanges entre groupes d'autres paroisses, d'autres mouvements chrétiens. J'ai lu dans " La Croix ", une initiative très intéressante qui a été menée sur Minitel depuis 2 ans (3615 SEIM) pour favoriser les partages d'idées, d'adresses et de savoir-faire pour organiser des événements. Une base de données a été créée à laquelle participent de nombreux mouvements d'Eglise. Le principe est simple : chaque mouvement dispose d'un code lui permettant d'accéder à tous les renseignements fournis par les autres associations. Deux rubriques sont proposées : "créer l'événement, bâtir une formation". D'autres rubriques vont s'ouvrir : gestion et financements (subventions, produits à vendre, centrale d'achats...) locaux et secrétariat ou entraide concernant les publications des mouvements. Autant de projets qui, au-delà du service rendu, veulent contribuer au décloisonnement des mouvements chrétiens tout en respectant l'identité de chacun. Ce type d'initiative ne peut que se développer avec l'essor d’Internet.
M : "Vous parlez de formation, pensez-vous que vous puissiez utiliser ce type d'outils pour votre propre formation ?"
PB: "Tout à fait, l'année dernière à Hautecombe, lors d'une retraite à laquelle je participais sur le "discernement", nous avons reçu un enseignement tout à fait remarquable d'un frère jésuite. Plusieurs d'entre nous étant "branchés Internet", nous avons échangé nos E-mail à la fin de la retraite et nous avons décidé de créer un forum de discussions pour prolonger nos réflexions. Entendant cela, le jésuite avait paru très intéressé ! Quelle ne fut pas notre surprise de trouver quelques semaines plus tard un message dans nos boîtes. Depuis, il participe à notre forum et continue ainsi son enseignement.
M : "Selon vous qu'est-ce qui fait que ce type de "micro-communauté" marche ?
JY : "Dans tous les groupes auxquels nous participons, nous avons des règles très strictes. Un ordre du jour précis, un horaire de début et de fin, un animateur, un secrétaire chargé du compte rendu, l'écoute et le respect de l'avis de chacun... Il en est de même dans nos groupes électroniques : nous sommes tous clairement identifiés, l'ordre du jour et les échanges sont structurés. Nous désignons un animateur et même si l'écoute ne pose pas de problème, le respect des autres, de leur avis, de leur personne est absolument indispensable.
M : En conclusion, quel est votre rêve ?
JY : Parlons plutôt d'espérance ! Mon espérance est celle d'un monde plus juste, plus humain ou - avec l'aide de Dieu - la paix, le partage et le respect sont au quotidien. Ces technologies peuvent engendrer le pire et le meilleur. Il est indispensable de ne pas laisser le champ libre aux forces du mal qui trouveront certainement des moyens d'agir par leur biais. Il faut que les hommes et les femmes de bonne volonté s'en emparent à leur tour pour en faire un outil de partage, d'échange et de paix. Souvenez vous, lors de la guerre en ex-Yougoslavie, des Serbes et des Croates ont retrouvé la capacité de se parler et d'échanger grâce à Internet alors que sur le terrain ils n'entendaient que le langage des armes. C'est la preuve que l'on peut échapper à la manipulation de dirigeants assoiffés de pouvoir et se retrouver entre humains sur le chemin de la paix.
M : Merci mon Père.