02- Alain, expert " micro-communautés électroniques "
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Alain est un "vieux de la vieille" d’Internet
! Cela fait maintenant plus de cinq ans qu’il y a
englouti ses jours, ses nuits et ses week-ends. Ne
venant pas du sérail technique, il a toujours porté
un regard plus tourné sur les usages que sur la
"bidouille" !
Alain est un "vieux de la vieille" d’Internet
! Cela fait maintenant plus de cinq ans qu’il y a
englouti ses jours, ses nuits et ses week-ends. Ne
venant pas du sérail technique, il a toujours porté
un regard plus tourné sur les usages que sur la
"bidouille" !
Paul: " Bonjour, Mathieu nous a dit que vous étiez le pape des micro-communautés électroniques !"
Alain: " Pape, le mot est un peu excessif. Ce qui est sûr c'est que je suis "croyant" . Et que je suis prosélyte, car j'ai toujours essayé de transmettre aux autres mes passions et mes convictions."
Paul: " Alors justement, comment devient-on un aficionado des micro-communautés électroniques ?"
Alain: " Généralement par le plus grand des hasards. Car c'est la face cachée d’Internet, celle que l'on ne découvre que si quelqu'un vous y initie. J'ai toujours pensé que le groupe et l'équipe étaient la base de toute organisation sociale. J'en ai moi-même animé des centaines, qu'ils soient professionnels ou privés, créé un grand nombre et je n'arrive pas à imaginer de projets humains sans une dimension de groupe, de communauté. Si vous y réfléchissez bien vous êtes vous-mêmes membre de multiples communautés qui vont de votre famille aux groupes projets de votre entreprise, en passant par les parents d'élèves, certaines associations et bien d'autres encore. A certaines époques ces communautés d'intérêt ont travaillé par le biais de réunions, puis par le téléphone et le fax, et maintenant elles annexent et profitent des différents outils électroniques. Dans mon cas un de mes amis consultants m'a un jour proposé de participer à l'un de ses projets , à la condition que nous puissions continuer nos travaux par le biais d’Internet. La raison de sa demande était qu'il habitait dans le Sud de la France, que moi-même j'étais à Paris, et que le client était à Genève. Il n'y avait donc pas d'alternative sauf à devenir actionnaire de la Swissair ! "
Alexandra: " Alors c'était la fin des réunions et des rencontres ? "
Alain: " Cela aurait pu être le cas si nous avions été des extrémistes. Et cela aurait abouti à un échec. Cela a plutôt été une façon de limiter les réunions et les déplacements et de travailler ensemble en continu. Si vous analysez vos relations et vos échanges vous constaterez qu'il y a une hypertrophie des relations "synchrones" que ce soient les réunions, les rendez-vous ou les appels téléphoniques. Le paroxysme le plus caricatural étant le téléphone portable qui fait de vous une victime potentielle même dans les endroits les plus retirés. En dehors de ces relations synchrones, il y a souvent peu d'échanges car on est happé par d'autres relations synchrones. Ceci explique les pertes de temps pour relancer les réunions ou pour préciser le cadre d'un entretien téléphonique. L'astuce des micro-communautés électroniques est précisément de pouvoir s'affranchir du joug du temps et de l'espace ".
Sandrine: " On nage en pleine science-fiction ! "
Alain: " Pour vous oui. Pour moi non ! Le fonctionnement en groupe grâce aux médias électroniques permet de communiquer de n'importe quel endroit et cela même si les autres personnes ne sont pas disponibles ou joignables à un moment donné. On dépose sa contribution dans un espace électronique. Les autres l'y trouveront quand ils auront décidé d'y venir. Ainsi on peut mettre dans une salle de rédaction virtuelle un article que l'on vient d'écrire , les réactions du rédacteur en chef et des autres journalistes n'intervenant que le lendemain par exemple. L'asynchrone devient alors une nouvelle clé de participation .De plus le fait de pouvoir intervenir de n'importe quel endroit sur différents sujets nous donne en quelque sorte le don d'ubiquité .Nous sommes bien loin ici de la science-fiction ! "
Arthur: " Pour reprendre le problème à la base, comment l'histoire d’Internet conduit aux micro-communautés électroniques ? "
Alain: " Il faut d'abord rappeler que les premiers utilisateurs étaient plutôt des scientifiques et des informaticiens qui avaient besoin d'échanger pour avancer leurs travaux. Leurs outils de l'époque étaient l'E-mail et les newsgroups. L'E-mail permettait d'envoyer des lettres électroniques sur toute la planète; les newsgroups de partager des informations organisées par thèmes. Ces deux outils matérialisaient les deux extrêmes en matière de communication. L'un était un outil de communication privée , l'autre un outil totalement public. Puis est arrivé le Web qui répondait à un autre besoin qui était celui de la publication d'informations. Sa simplicité d'usage et son attractivité graphique ont attiré alors des millions de personnes fascinées par la promesse de la connaissance universelle. Mais ceci a dans un premier temps mis dans l'ombre la nécessité d'échanger autour de l'information. Il faut dire que la presse n'a rien arrangé car elle a amplifié la dimension "autoroute de l'information" d’Internet et escamoté la dimension communautaire .Les gens ne passent pas leur vie à rouler ! "
Paul:" D'où vient cet oubli de la presse ?"
Alain: " Du fric ! Et du manque de culture ! En effet la presse sortait de dix années de Bureautique qui avaient fait de l'ordinateur un temple de l'individualisme. Les échanges électroniques étaient des échanges de données et non des échanges d'idées. Et donc la presse a immédiatement vu dans ces nouveaux outils un moyen pour l'individu d'acquérir encore plus d'informations. Comme le mouvement Internet et autoroutes de l'information était plutôt poussé par les américains, la dimension "business" est vite devenue centrale. Comment gagner de l'argent avec Internet ? Comment vendre grâce à Internet ? Autant de questions justifiées mais qui ont finalement occulté de nombreux autres aspects , en particulier celui des MCE. C'est ainsi que la presse est passée longtemps à-côté de ce phénomène , attirée par les paillettes et le strass d'un Web nouvelle pensée unique. Par ailleurs de nombreuses dimensions des nouvelles technologies ne s'éclairent que lorsqu'on les pratique. Or beaucoup de journalistes n'ont pratiqué à ce jour que la recherche d'information et non la participation à des échanges électroniques. D'où un trou dans leur culture."
Arthur: " Est-ce à dire que cette vague des MCE n'est pas partie des constructeurs et des éditeurs ?"
Alain: " Tout à fait. La vague est partie des utilisateurs qui se sont emparés des technologies pour les adapter à leurs besoins les plus urgents. Ils avaient un problème de gestion du temps et de l'espace, un problème d'amplification des échanges, un problème d'intimité de groupe. Ils en ont décliné et inventé les technologies qui permettaient les MCE. C'est un peu comme cela pour toutes les grandes révolutions technologiques. La technologie trouve son sens quand les utilisateurs prennent le pouvoir ! Et le phénomène devient vague de fond quand les fabricants et éditeurs récupèrent le mouvement pour en faire une mode. Les médias jouent à ce moment-là un rôle très important de vulgarisation et promotion."
Alexandra: " OK pour les principes. Concrètement comment ça marche ?"
Alain: " Dans la majorité des cas tout cela marche grâce à la dynamique du client-serveur. Pour être clair, chaque utilisateur, donc chaque "client", dispose d’un logiciel sur son poste qui lui permet d’accéder au serveur sur lequel se trouve toute l’information. Dans certains cas l’information est rapatriée régulièrement sur le poste client afin de pouvoir se déconnecter du réseau. C’est idéal pour les utilisateurs nomades ou pour ceux qui ne veulent pas dépenser des fortunes en téléphone. Sur le poste client l’information est organisée en salles virtuelles ouvertes à des groupes de tailles variables. Pour y entrer vous devez être dans une liste d’accès et donc vous identifier. C’est un gage de sécurité et d’intimité pour le groupe. Il existe depuis peu des outils pour MCE encore plus pratiques et faciles à déployer car leurs auteurs ont réussi à se passer de serveurs. Ils ont réussi à faire des échanges de groupes client-client !"
Sandrine: " Quel est le niveau de difficulté ?"
Alain: " Tout ceci n’est pas plus compliqué qu’un traitement de texte. Le plus compliqué est souvent la première connexion car il faut régler les problèmes logiciels et les problèmes de modem. Cette étape étant franchie on devient en quelques semaines un vieux routiers des MCE. Les deux plus grandes difficultés sont avant et après le lancement. Avant il faut définir clairement les objectifs, afin de savoir clairement ce que l’on cherche et définir les bénéfices apportés à chaque participant. Après il faut faire vivre sa communauté et donc l’animer, la relancer, la motiver. Sinon le soufflé peut retomber aussi vite qu’il est monté."
Alexandra: "Quel en est le coût ?"
Alain: " Il n’y a pas de réponse homogène à cette question. Selon que vous êtes en utilisation privée avec un hébergeur type "provider" ou en entreprise avec un système de serveur interne cela peut coûter de 100 à 1 000 € par an. Les coûts les plus importants à ce jour restent les consommations téléphoniques. En France tout du moins !"
Arthur: " Qui sont les plus gros utilisateurs ?"
Alain: " Ceci a bien entendu commencé dans les grandes entreprises qui ont vu dans ces démarches une façon idéale de se réorganiser et de limiter leurs coûts. Plus le management de ces grands groupes était dans une logique de remise en cause, plus ces démarches ont eu du succès. Autant dire que beaucoup d’entreprises n’y sont pas encore ! Dans beaucoup de cas les entreprises ont démarré par la messagerie car ça au moins , tout le monde comprenait, même le directeur informatique ! Pour ce qui est des utilisations privées le phénomène est tout juste émergent car les applications manquaient et les providers n’avaient pas d’offre adaptée aux communautés "
Sandrine: " A quoi ça sert ?"
Alain: " A peu près à tout, mais surtout à échanger, dialoguer, coordonner, publier, mettre au point, valider, observer, et avant tout mettre en commun "
Arthur: " Est-ce long et difficile à mettre en oeuvre ? "
Alain: " Si on se prend la tête, oui ! Mais si on commence par des choses simples avec des outils du marché, cela peut être lancé du jour au lendemain. C’est après cette première installation rustique que les choses vont pouvoir se raffiner et que les outils vont pouvoir être de plus en plus adaptés aux processus d’échange."
Paul: " Vous pourriez nous parler de votre propre façon de fonctionner ?"
Alain: " Pour ma part mes micro-communautés sont de deux ordres ; les professionnelles et les privées. Pour les premières , je dispose d’une sorte de centre d’affaires virtuel dans lequel j’invite mes clients et partenaires. Chaque client dispose d’une salle partagée avec moi et chaque mission donne lieu à la création d’un espace partagé entre mon client, mes confrères et moi-même. C’est comme cela que nous nous coordonnons et que nous sommes pour ainsi dire tout le temps ensemble. Du côté privé, j’utilise un tout nouvel outil qui me permet de créer moi-même des lieux de réunions privés et de les partager avec mes amis. Je suis ainsi en relation avec ma famille, mon ancienne école et plusieurs associations."
Sandrine: "Qui nous conseilleriez- vous de rencontrer ? "
Alain: " Je peux vous faire parvenir dès demain une liste de quelques personnes qui me semblent exemplaires. Elles partagent le fait d’avoir réellement vécu quelque chose et de savoir de quoi elles parlent. Vous verrez, ce que toutes ces personnes ont en commun c’est un enthousiasme certain pour les micro-communautés d’échange. Ne comptez pas sur elles pour être des avocats du diable
Paul: " Bonjour, Mathieu nous a dit que vous étiez le pape des micro-communautés électroniques !"
Alain: " Pape, le mot est un peu excessif. Ce qui est sûr c'est que je suis "croyant" . Et que je suis prosélyte, car j'ai toujours essayé de transmettre aux autres mes passions et mes convictions."
Paul: " Alors justement, comment devient-on un aficionado des micro-communautés électroniques ?"
Alain: " Généralement par le plus grand des hasards. Car c'est la face cachée d’Internet, celle que l'on ne découvre que si quelqu'un vous y initie. J'ai toujours pensé que le groupe et l'équipe étaient la base de toute organisation sociale. J'en ai moi-même animé des centaines, qu'ils soient professionnels ou privés, créé un grand nombre et je n'arrive pas à imaginer de projets humains sans une dimension de groupe, de communauté. Si vous y réfléchissez bien vous êtes vous-mêmes membre de multiples communautés qui vont de votre famille aux groupes projets de votre entreprise, en passant par les parents d'élèves, certaines associations et bien d'autres encore. A certaines époques ces communautés d'intérêt ont travaillé par le biais de réunions, puis par le téléphone et le fax, et maintenant elles annexent et profitent des différents outils électroniques. Dans mon cas un de mes amis consultants m'a un jour proposé de participer à l'un de ses projets , à la condition que nous puissions continuer nos travaux par le biais d’Internet. La raison de sa demande était qu'il habitait dans le Sud de la France, que moi-même j'étais à Paris, et que le client était à Genève. Il n'y avait donc pas d'alternative sauf à devenir actionnaire de la Swissair ! "
Alexandra: " Alors c'était la fin des réunions et des rencontres ? "
Alain: " Cela aurait pu être le cas si nous avions été des extrémistes. Et cela aurait abouti à un échec. Cela a plutôt été une façon de limiter les réunions et les déplacements et de travailler ensemble en continu. Si vous analysez vos relations et vos échanges vous constaterez qu'il y a une hypertrophie des relations "synchrones" que ce soient les réunions, les rendez-vous ou les appels téléphoniques. Le paroxysme le plus caricatural étant le téléphone portable qui fait de vous une victime potentielle même dans les endroits les plus retirés. En dehors de ces relations synchrones, il y a souvent peu d'échanges car on est happé par d'autres relations synchrones. Ceci explique les pertes de temps pour relancer les réunions ou pour préciser le cadre d'un entretien téléphonique. L'astuce des micro-communautés électroniques est précisément de pouvoir s'affranchir du joug du temps et de l'espace ".
Sandrine: " On nage en pleine science-fiction ! "
Alain: " Pour vous oui. Pour moi non ! Le fonctionnement en groupe grâce aux médias électroniques permet de communiquer de n'importe quel endroit et cela même si les autres personnes ne sont pas disponibles ou joignables à un moment donné. On dépose sa contribution dans un espace électronique. Les autres l'y trouveront quand ils auront décidé d'y venir. Ainsi on peut mettre dans une salle de rédaction virtuelle un article que l'on vient d'écrire , les réactions du rédacteur en chef et des autres journalistes n'intervenant que le lendemain par exemple. L'asynchrone devient alors une nouvelle clé de participation .De plus le fait de pouvoir intervenir de n'importe quel endroit sur différents sujets nous donne en quelque sorte le don d'ubiquité .Nous sommes bien loin ici de la science-fiction ! "
Arthur: " Pour reprendre le problème à la base, comment l'histoire d’Internet conduit aux micro-communautés électroniques ? "
Alain: " Il faut d'abord rappeler que les premiers utilisateurs étaient plutôt des scientifiques et des informaticiens qui avaient besoin d'échanger pour avancer leurs travaux. Leurs outils de l'époque étaient l'E-mail et les newsgroups. L'E-mail permettait d'envoyer des lettres électroniques sur toute la planète; les newsgroups de partager des informations organisées par thèmes. Ces deux outils matérialisaient les deux extrêmes en matière de communication. L'un était un outil de communication privée , l'autre un outil totalement public. Puis est arrivé le Web qui répondait à un autre besoin qui était celui de la publication d'informations. Sa simplicité d'usage et son attractivité graphique ont attiré alors des millions de personnes fascinées par la promesse de la connaissance universelle. Mais ceci a dans un premier temps mis dans l'ombre la nécessité d'échanger autour de l'information. Il faut dire que la presse n'a rien arrangé car elle a amplifié la dimension "autoroute de l'information" d’Internet et escamoté la dimension communautaire .Les gens ne passent pas leur vie à rouler ! "
Paul:" D'où vient cet oubli de la presse ?"
Alain: " Du fric ! Et du manque de culture ! En effet la presse sortait de dix années de Bureautique qui avaient fait de l'ordinateur un temple de l'individualisme. Les échanges électroniques étaient des échanges de données et non des échanges d'idées. Et donc la presse a immédiatement vu dans ces nouveaux outils un moyen pour l'individu d'acquérir encore plus d'informations. Comme le mouvement Internet et autoroutes de l'information était plutôt poussé par les américains, la dimension "business" est vite devenue centrale. Comment gagner de l'argent avec Internet ? Comment vendre grâce à Internet ? Autant de questions justifiées mais qui ont finalement occulté de nombreux autres aspects , en particulier celui des MCE. C'est ainsi que la presse est passée longtemps à-côté de ce phénomène , attirée par les paillettes et le strass d'un Web nouvelle pensée unique. Par ailleurs de nombreuses dimensions des nouvelles technologies ne s'éclairent que lorsqu'on les pratique. Or beaucoup de journalistes n'ont pratiqué à ce jour que la recherche d'information et non la participation à des échanges électroniques. D'où un trou dans leur culture."
Arthur: " Est-ce à dire que cette vague des MCE n'est pas partie des constructeurs et des éditeurs ?"
Alain: " Tout à fait. La vague est partie des utilisateurs qui se sont emparés des technologies pour les adapter à leurs besoins les plus urgents. Ils avaient un problème de gestion du temps et de l'espace, un problème d'amplification des échanges, un problème d'intimité de groupe. Ils en ont décliné et inventé les technologies qui permettaient les MCE. C'est un peu comme cela pour toutes les grandes révolutions technologiques. La technologie trouve son sens quand les utilisateurs prennent le pouvoir ! Et le phénomène devient vague de fond quand les fabricants et éditeurs récupèrent le mouvement pour en faire une mode. Les médias jouent à ce moment-là un rôle très important de vulgarisation et promotion."
Alexandra: " OK pour les principes. Concrètement comment ça marche ?"
Alain: " Dans la majorité des cas tout cela marche grâce à la dynamique du client-serveur. Pour être clair, chaque utilisateur, donc chaque "client", dispose d’un logiciel sur son poste qui lui permet d’accéder au serveur sur lequel se trouve toute l’information. Dans certains cas l’information est rapatriée régulièrement sur le poste client afin de pouvoir se déconnecter du réseau. C’est idéal pour les utilisateurs nomades ou pour ceux qui ne veulent pas dépenser des fortunes en téléphone. Sur le poste client l’information est organisée en salles virtuelles ouvertes à des groupes de tailles variables. Pour y entrer vous devez être dans une liste d’accès et donc vous identifier. C’est un gage de sécurité et d’intimité pour le groupe. Il existe depuis peu des outils pour MCE encore plus pratiques et faciles à déployer car leurs auteurs ont réussi à se passer de serveurs. Ils ont réussi à faire des échanges de groupes client-client !"
Sandrine: " Quel est le niveau de difficulté ?"
Alain: " Tout ceci n’est pas plus compliqué qu’un traitement de texte. Le plus compliqué est souvent la première connexion car il faut régler les problèmes logiciels et les problèmes de modem. Cette étape étant franchie on devient en quelques semaines un vieux routiers des MCE. Les deux plus grandes difficultés sont avant et après le lancement. Avant il faut définir clairement les objectifs, afin de savoir clairement ce que l’on cherche et définir les bénéfices apportés à chaque participant. Après il faut faire vivre sa communauté et donc l’animer, la relancer, la motiver. Sinon le soufflé peut retomber aussi vite qu’il est monté."
Alexandra: "Quel en est le coût ?"
Alain: " Il n’y a pas de réponse homogène à cette question. Selon que vous êtes en utilisation privée avec un hébergeur type "provider" ou en entreprise avec un système de serveur interne cela peut coûter de 100 à 1 000 € par an. Les coûts les plus importants à ce jour restent les consommations téléphoniques. En France tout du moins !"
Arthur: " Qui sont les plus gros utilisateurs ?"
Alain: " Ceci a bien entendu commencé dans les grandes entreprises qui ont vu dans ces démarches une façon idéale de se réorganiser et de limiter leurs coûts. Plus le management de ces grands groupes était dans une logique de remise en cause, plus ces démarches ont eu du succès. Autant dire que beaucoup d’entreprises n’y sont pas encore ! Dans beaucoup de cas les entreprises ont démarré par la messagerie car ça au moins , tout le monde comprenait, même le directeur informatique ! Pour ce qui est des utilisations privées le phénomène est tout juste émergent car les applications manquaient et les providers n’avaient pas d’offre adaptée aux communautés "
Sandrine: " A quoi ça sert ?"
Alain: " A peu près à tout, mais surtout à échanger, dialoguer, coordonner, publier, mettre au point, valider, observer, et avant tout mettre en commun "
Arthur: " Est-ce long et difficile à mettre en oeuvre ? "
Alain: " Si on se prend la tête, oui ! Mais si on commence par des choses simples avec des outils du marché, cela peut être lancé du jour au lendemain. C’est après cette première installation rustique que les choses vont pouvoir se raffiner et que les outils vont pouvoir être de plus en plus adaptés aux processus d’échange."
Paul: " Vous pourriez nous parler de votre propre façon de fonctionner ?"
Alain: " Pour ma part mes micro-communautés sont de deux ordres ; les professionnelles et les privées. Pour les premières , je dispose d’une sorte de centre d’affaires virtuel dans lequel j’invite mes clients et partenaires. Chaque client dispose d’une salle partagée avec moi et chaque mission donne lieu à la création d’un espace partagé entre mon client, mes confrères et moi-même. C’est comme cela que nous nous coordonnons et que nous sommes pour ainsi dire tout le temps ensemble. Du côté privé, j’utilise un tout nouvel outil qui me permet de créer moi-même des lieux de réunions privés et de les partager avec mes amis. Je suis ainsi en relation avec ma famille, mon ancienne école et plusieurs associations."
Sandrine: "Qui nous conseilleriez- vous de rencontrer ? "
Alain: " Je peux vous faire parvenir dès demain une liste de quelques personnes qui me semblent exemplaires. Elles partagent le fait d’avoir réellement vécu quelque chose et de savoir de quoi elles parlent. Vous verrez, ce que toutes ces personnes ont en commun c’est un enthousiasme certain pour les micro-communautés d’échange. Ne comptez pas sur elles pour être des avocats du diable